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Artiste peintre
Né: Siegen,
Nassau
28-06-1577
Décédé:
Antwerpen
30-04-1640
Pierre Paul
Rubens est un des peintres flamands
les plus importants du XVIIe siècle. Il est le représentant caractéristique du
baroque nordique.
Combinant une
facture extrêmement libre, une couleur riche et lumineuse héritée de l'école
vénitienne à des formes monumentales inspirées par l'œuvre de Michel-Ange,
Rubens a créé un art exaltant l'être humain, la vie et le mouvement. Pendant
deux cents ans, la vitalité et l'éloquence de son œuvre ont influencé des
artistes aussi divers qu'Antoine Watteau, au début du XVIIIe siècle, qu'Eugène Delacroix et que Pierre Auguste
Renoir, au XIXe siècle.
Le père de
Rubens, Jan Rubens, était un juriste éminent et échevin d'Anvers. A
cause de ses convictions religieuses, il a dû fuir les Flandres en 1568 avec sa
famille, afin d'échapper à la persécution des protestants. Si Pierre Paul
Rubens est né à Siegenen en 1577 et a vécu
à Cologne. A la mort de Jan Rubens, en 1587, sa veuve est retourné
vivre définitivement à Anvers avec ses enfants.
Après avoir
fréquenté une excellente école latine, le jeune Rubens a été engagé comme
page chez la comtesse de Ligne Arenberg. Après peu de temps il est entré en
service comme apprenti chez un artiste. Il a été successivement l'élève de
Tobie Verhaecht (1561-1631), d'Adam van Noort, puis d'Otto van Veen
(1556/58-1629), trois peintres flamands travaillant dans la mouvance des maniéristes
du XVIe siècle italien. Rubens, dont le talent était
particulièrement précoce, a été reçu maître à la corporation des artistes
d'Anvers (la guilde de Saint-Luc) en 1598, à l'âge de vingt et un ans.
Comme
beaucoup d’autres artistes contemporains de l'Europe du Nord, Rubens a parfait
ses connaissances artistiques en Italie. Dès son arrivée dans la péninsule,
le jeune artiste a été engagé comme peintre de cour par le duc Vincent de
Gonzague à Mantoue. Là, il a peint des portraits de la famille ducale ainsi
que des copies d'œuvres de la Renaissance. Celles-ci ont été réalisées en
1601, lors du premier voyage à Rome de Rubens. Au cours des huit mois qu'il a vécu
dans la capitale italienne, l'artiste il a été impressionné par la découverte
des vestiges de l'Antiquité, mais aussi par les œuvres de Michel-Ange, de
Raphaël et des grands maîtres vénitiens, Véronèse, Titien, Tintoret.
La mort de sa
mère, en novembre 1608, a ramené Rubens à Anvers. Après s'être installé
dans la maison familiale, le peintre a épousé Isabelle Brant, en octobre 1609.
Son long séjour italien, au cours duquel il avait gardé des contacts avec
d'importants mécènes anversois, lui a permis de perfectionner sa technique et
d'élaborer un style original, fondé sur la prépondérance des couleurs,
l'exubérance et la variété des formes et dans lequel se manifestent une
liberté et une facilité d'exécution étonnantes. À Anvers, Rubens a trouvé
deux protecteurs éminents : Nicolas Rockax, échevin de la ville, mais
surtout l'archiduc Albert, gouverneur des Pays-Bas. C'est à cette époque que
le maître a réalisé l'Adoration des Mages
(1609, Prado, Madrid) et le célèbre triptyque de l'Érection
de la Croix (1611, cathédrale Notre-Dame d'Anvers). La production de
Rubens, de plus en plus abondante, l'a obligé à faire construire un vaste
atelier et à s'entourer de nombreux collaborateurs, dont la participation, dans
l'œuvre du maître, reste parfois difficile à établir.
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En 1622, il
est allé à Paris, à la demande de la reine Marie de Médicis, afin de
concevoir et de réaliser un cycle de vingt-quatre tableaux illustrant la vie de
la reine, destinés à orner le palais du Luxembourg. La même année, le roi
Louis XIII lui a commandé douze cartons de tapisserie consacrés à l'Histoire
de Constantin. La notoriété internationale de son talent lui a
permis d'entrer en contact avec de nombreux diplomates étrangers. En 1618, il a
échangé dix de ses tableaux contre la collection d'antiques de l'ambassadeur
d'Angleterre à La Haye. Au cours des années 1620, il a été chargé de
missions diplomatiques en Espagne, auprès de Philippe IV et en Angleterre,
auprès de Charles Ier.
Après la
mort de sa femme, en 1626, l'artiste a fait plusieurs voyages : à Paris
et en Hollande en 1627, à Madrid en 1628, où le roi d'Espagne lui a commandé
plusieurs tableaux. C'est à Madrid, également, que Rubens a rencontré le
jeune Vélasquez. En 1629, il a été chargé d'une mission diplomatique auprès
de Charles Ier qui lui a confié la décoration du plafond de la salle
des fêtes du Whitehall Palace. Quelques temps après son retour à Anvers, en
avril 1630, il a épousé la jeune Hélène Fourment, âgée d'environ dix-sept
ans. Si durant les dix dernières années de sa vie, Rubens a continué à
peindre des commandes pour les Habsbourg, monarques d'Autriche et d'Espagne,
comme le cycle de peintures commencé en 1636 et destiné à la Torre de la
Parada, pavillon de chasse de Philippe IV, il a peint de plus en plus de
tableaux pour son propre compte, notamment des paysages ainsi que des portraits
de sa femme et de ses enfants. Le style, toujours magistral, exalte la nature,
la richesse des couleurs, souligne l'opulence des formes, comme dans le
magnifique Jugement de Pâris (1635-1637,
National Gallery, Londres).